De toutes les associations qui composent notre U.D.A.F., bon nombre se
battent chaque jour pour les familles défavorisées. Que
ce soit pour le logement, le « mal-logement »,
le « non logement », l'aide administrative, et
bien souvent l'aide alimentaire, le vestiaire et bien d'autres
encore.
Mais qui de nous est au courant de façon précise de
l'activité caritative de son voisin ? …
Comme
dans l'ensemble du territoire français, nous manquons, à
quelques exceptions près, d'une politique de logique
d'ensemble.
A ce jour, bon nombre de familles n'ont pas d'autres moyens que d'en
appeler à l'aide alimentaire pour nourrir leurs enfants. La
crise, le chômage, les emplois précaires sont autant
d'éléments de mise à la rue... Pour information
à Paris 30% des S.D.F sont des travailleurs salariés.
La perte d'un emploi entraîne, bien souvent, des difficultés
dans le paiement des loyers puis vient l'expulsion, la rue avec ses
galères. Le prix de la location immobilière est
actuellement si élevée que le relogement est
pratiquement impossible.
Combien de ces familles vivent-elles dans l'angoisse de la séparation
de leurs enfants par les services sociaux, de voir l'éclatement
de leur cellule familiale ? Beaucoup sont tombées faute d'un
soutien au moment de leur chute!
Il nous faut tenir compte, également, de celles issues de
l'immigration clandestine. Des femmes, des enfants (parfois entre 12
à 18 ans) sans existence légale, à la merci d'un
milieu hostile, d'un contrôle de police, d'une détention
sordide puis le retour forcé vers un pays parfois encore en
guerre.
Chaque commission de médiation D.A.L.O. dénombre pour la Seine
et Marne, une moyenne de 70 à 80 enfants en situation S.D.F.!
Malheureusement, faute de pouvoir loger toutes ces familles, nous ne pouvons que les
déclarer prioritaires, sans être pour autant sūrs d'une attribution rapide d'un logement. A savoir que 330 000
logements vides depuis plus de 2 ans sont libres sur Paris, un
million 800 000 sur le territoire français , malgré
une loi autorisant la réquisition, mais jamais appliquée
par les préfets.
Si les familles ne sont pas secourues à temps, c'est la chute.
Une chute vertigineuse de la dignité humaine , un dégoût
profond de la société, suivi bien souvent, hélas
de la maladie, 1/3 des S.D.F. souffre de troubles psychologiques =
stress, dépression, angoisse obsessionnelle, gale,
tuberculose, etc, etc... bien souvent le parcours se termine par le suicide (moyenne de vie pour un homme S.D.F = 56 ans contre 41 pour une femme).
Certes, nous compatissons, mais que pouvons-nous faire, nous U.D.A.F. ? …
Que pouvons-nous faire pour ces familles dans la misère?
Les associations caritatives s'occupent de ce désarroi avec un
dévouement extrême, mais elles sont aujourd'hui arrivés
saturation , à bout de souffle, à la limite de leurs
forces. Elles demandent de l'aide, un soutien pour faire face à
la montée de la pauvreté, qui loin de régresser,
ne cesse de s'accentuer.
Savez-vous que la France détient la lanterne rouge de l'Europe en matière
de prise en charge des familles S.D.F, bien loin de la Grande-Bretagne, l'Allemagne, les Pays-Bas (qui ne comptent aucune famille
S.D.F). Notre triste position est le résultat d'un manque
flagrant de coordination entre les services sociaux, administratifs,
médicaux et associatifs.
Je vous prie, amis, réveillons-nous, il est grand temps !
Nos valeurs, nos 76 associations familiales, notre expérience, nos
représentations dans de nombreuses institutions ou
administrations, nos services, font que nous sommes en mesure
d'apporter une aide fort appréciable à ces associations
caritatives qui se battent, sur le terrain, pour la dignité
des familles dans la misère.
Madame la Présidente, amis du Conseil d'Administration, unissons nos
forces, mobilisons nos cœurs car nous sommes en guerre. En
guerre pour le respect de la dignité de toutes les familles et
plus particulièrement des plus miséreuses.
Je vous en remercie.