« Main basse sur l'école
publique »
livre d'Eddy Khaldi et de Muriel
Fitoussi
Editions Demopolis
198 pages
août 2008
20 €
L'école publique
menacée dans son existence
même !
Les attaques contre l'école
publique ont été nombreuses et depuis l'élection
de Nicolas Sarkozy le rythme et le nombre des mesures destructrices
ont augmenté... Tous ces coups, qu'il s'agisse de la
suppression de la carte scolaire, de la fin du principe de mixité
scolaire ou de la suppression de milliers de postes d'enseignants ne
sont qu'un galop d'essai... C'est tout l'édifice que ce
gouvernement veut détruire afin d'en arriver à un
libéralisme triomphant avec des écoles concurrentes
disposant de financements de plus en plus privés.
Les auteurs sont allés piocher
dans les archives et ont mené une véritable enquête
qui nous montre que toutes les réformes sont des éléments
d'une stratégie élaborée par la droite avec le
soutien d'associations catholiques ultra-réactionnaires comme
SOS Education.... Les liens avec l'extrême droite via le Club
de l'horloge sont démontrés.
En 1992, des hauts fonctionnaires du
service public fondent une association : Créateurs
d'écoles...
Les membres fondateurs de cette
association poursuivront leur réflexion et leur action au
service de leur orientation.
15 ans plus tard : l'un, Maurice
Quénet, est recteur de Paris, un autre, Dominique Antoine,
conseiller Education du président, et un troisième,
Xavier Darcos, préside aux destinées de l'éducation
encore nationale !
Comme le précise un article du
Monde, cité par les auteurs : « Pour les
enseignants, les créateurs d'écoles plébiscitent
le recrutement sur profil, les rémunérations
différenciées, le recrutement sur contrat à
durée déterminée et la pratique du tutorat. »
Voilà tout un programme qui se
met en place... quant au chèque Education dont disposerait
chaque famille pour financer l'école de son choix, ce n'est
plus seulement un rêve dans la tête d'horlogers ou de
« créateurs d'école » mais une
menace qui pèse sur l'avenir de l'école publique
laïque !
Les
auteurs, en nous invitant à revisiter quarante ans de guerre
scolaire reviennent sur les différents reculs de la gauche et
l'offensive de la droite ...
Ils
lèvent aussi le voile contre certaines idées fausses
véhiculées par la droite cléricale comme celle
qui consiste à affirmer que de nombreuses demandes
d'inscriptions d'élèves ne sont pas satisfaites... Ce
serait à la fois le signe irréfutable de la réussite
de l'enseignement privé et la conséquence d'un cadre
législatif bloquant le développement du privé !?
C'est
une imposture ! "Plus de 15% des classes de lycées
privés comportent moins de 15 élèves. Quant aux
collèges, plus de 11% de classes accueillent moins de 18
élèves."
Aujourd'hui
l'école privée continue à travailler dans de
meilleures conditions matérielles que l'école publique
en disposant de crédits toujours en hausse ; quant à
la réussite : les élèves sont triés
à l'entrée et très peu d'évaluations sont
publiées !
Si
des divergences s'expriment entre les tenants de la stratégie
catholique voulant faire de l'école privée un lieu
d'évangélisation et ceux qui adoptent une logique
libérale, les deux "courants" sont d'accord pour
valoriser les performances affichées de l'école privée
et pour que le plus vite possible toutes les écoles publiques
ou privées fonctionnent sur le modèle des
établissements privés !
La
stratégie de la droite est claire, il s'agit, avec l'aide de
ses alliés de remettre en question le service public
d'éducation, de détricoter l'édifice afin de
préparer une privatisation qui ne soit plus rampante mais
galopante...
Ce
livre nous invite au débat sur les enjeux du combat à
mener.
Il
faut aujourd'hui que les laïques se rassemblent et défendent
cette école publique menacée dans son existence même.
Jean-François
CHALOT